Evasion.

Evasion.
Méfie-toi toujours des routes trop droites.

lundi 6 février 2012

"J'dégouline sur mon coeur, quasiment pétrifié. Il pleut."

J'aimerais extérioriser tout ça. Que ça sorte par n'importe quel moyen. "Mais j'ai le coeur sec et les yeux gonflés." Plus une larme n'ose couler. J'ai épuisé tout le stock disponible. Je n'ai plus rien à consommer, à consumer. J'erre au milieu de courants d'air. Je n'ai plus froid, je ne sens rien. J'ai un sourire en permanence sur les lèvres. Il me fait mal. Mais je ne lâche pas l'effort, il faut qu'il soit là. Témoin de l'existence des autres autour. Je l'arbore tout le jour durant. Et quand vient le soir, je tombe le masque et je n'ose pas me regarder.
Je mens à tout le monde. Je passe mon temps à vous mentir. Mon énergie à vous mentir. Ma vie à entretenir ces mensonges. Je ne m'en amuse même plus. Et je me mens à moi-même. Je suis faible. Je m'en veux. Ca me bouffe.
Comme un robot, j'agis avec des gestes mécaniques. Millimétrés. J'économise le peu d'énergie qu'il me reste. Le carburant que je garde précieusement en réserve. Tout mouvement est étudié. Rien n'est laissé au hasard. Je n'aurais pas la force d'en faire plus.
Mon regard se perd souvent dans le vide. Je mets du temps à m'en apercevoir. Il faut que je travaille cet aspect encore. J'ai toute la nuit pour ça. Pour penser et pour panser les plaies à vif.
Je suis un pantin à qui on a coupé les fils. Je ne sais plus m'orienter. Je ne sais pas comment être, où aller, comment agir. J'évolue dans un environnement qui ne m'est plus familier. C'est drôle comme tout peut sembler étranger, nouveau, effrayant et paralysant du jour au lendemain. J'ai pourtant passé plusieurs années dans ce monde. Mais je ne le reconnais plus. On m'assure que tout est là.
C'est mon regard. C'est lui qui a changé.

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