Evasion.

Evasion.
Méfie-toi toujours des routes trop droites.

dimanche 5 février 2012

L'attente.

Imperméable.
Je suis imperméable à tout. Le temps semble figé. Par les fenêtres sales du métro, j'aperçois des gens qui vont et viennent. Des jambes se pressent. A toute vitesse les personnes montent et descendent de la rame. Je reste là. A regarder le monde s'activer avec mes yeux qui ne voient pas.
Je ne peux pas les fermer. Sinon, tout ce que je fuis me reviens. Je m'habitue à la lumière criarde des néons du métro C et j'attends.
Il y a une trace de crayon sur mon plafond. Je crois me souvenir comment elle est arrivée là.
"J'écris sur les murs, j'écris sur les toits". Je ne sais pas quelle heure il est. Peu importe. J'attends.
Le froid me pénètre les os. Mes articulations deviennent rigides. Je ne bouge plus, j'ai trop peur qu'un seul geste ne fasse bouger mon bonnet ou mon écharpe et expose un centimètre carré de ma peau au vent glacial. Le bus se fait désirer. Les phares des voitures trop pressées m'éblouissent. Pas une personne non-motorisée en vue. Les branches des arbres dessinent des ombres étranges sur les façades des immeubles inertes. Un morceau de "sentimiento triste que se baila" dans mes oreilles. J'attends.
J'actualise une fois encore. La page disparaît et réaparaît. Mon coeur rate un battement. Mais non. L'enchaînement est toujours le même. Fausse alerte. J'attends.
Je devrais lire, rire, danser, chanter, jouer de la guitare, voir des gens, sortir, jouer au tennis, courir, travailler, écrire, écouter de la musique, dormir, regarder la télé, manger... Mais j'attends.
"Moi la mer elle m'a pris, je m'souviens, un mardi..."

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